Le Rickshaw-wallah

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Dans le nord de L'Inde, le rickshaw est le moyen de transport le moins cher et du coup c'est extrêmement populaire, et on peut monter à 3 ou 4 dedans, ce qui me semble aberrant comme poids pour une seule personne à tracter.

Les rickshaws sont partout et dans tous les états possibles. Les conducteurs – les rickshaw-wallah ("wallah" en gros c'est "celui qui fait") sont des super-heros pour moi. J'ai du mal à imaginer que ces hommes vivent très vieux avec un métier aussi dur. Ils sont presque toujours bien maigrelet. J'ai du mal tout court à accepter que quelqu'un pédale comme une malade pendant que nous sommes assis derrière comme des princes et pourtant je le fais comme tout le monde car c'est leur gagne-chapatti. Je me culpabilise terriblement et le pire est quand la route est particulièrement dure avec une pente ou des cratères et le wallah descend de son vélo pour le pousser le temps qu'il faut pour s'en sortir. Il m'arrive même de proposer à descendre et marcher à côté mais ils me prennent pour une dingue parce que pour les indiens tout cela est bien normal. À Kolkotta (Calcutta) – et heureusement uniquement là-bas – il existe une version encore moins cher et plus hardcore, c'est le rickshaw sans le vélo. Le chariot se fait tracter par l'homme, comme font les animaux dans les champs. Inhumain.

Le rickshaw-wallah a besoin de dormir. Dormir il sait faire avec un grand D. Partout quelque soit le niveau sonore autour eux et pas besoin ni d'un matelas ni d'un oreiller de voyage parfumé avec des huiles essentielles de lavande.

L'année dernière à Varanasi en particulier j'avais du mal avec les rickshaw-wallah qui vous agressent à la sortie d'un gare et ceux qui testent votre crédulité et vous demandent au moins deux fois le prix. C'est bien connu ici, ils essayent tant qu'ils peuvent de vous arnaquer. Cette année – toujours à Varanasi – la roue est tournée et j'ai eu non seulement des chauffeurs de rickshaws sympas, mais avec Louis j'ai eu une expérience que je n'oublierais jamais.

C'était justement à la sortie de la gare de Varanasi où je venais d'annuler et me faire rembourser nos billets pour Khajaraho. Je suis attiré par le regard et l'appel d'un vieux maigre avec barbe et cheveux longs. On dirait un sadhu, ces hommes qui ont fait la non-possession une choix de vie et qui dévouent toute leur vie à la religion et spiritualité à recherche de l'illumination. Ce n'est vraiment pas difficile à savoir d'où les hippies des années 60 se sont inspirés pour trouver leur look. Je lui dit où on veut aller et le prix que je suis prête à payer…60 roupies (comme à l'allée). Ça fait 70 centimes d'euro. C'est le tarif normal. En fait, j'aime discuter les prix toujours et ensuite je laisse toujours un pourboire au wallah. Ce wallah ne parle pas anglais donc on se fait comprendre le prix avec les doigts, il est d'accord – ce qui m'étonne car d'habitude on fait le "jeu" de discuter. Louis et moi montons à bord et c'est partie pour 25 minutes derrière ce vieille homme qui, debout, transfère tout son poids du corps d'un côté à l'autre pour avancer. J'ai mal pour lui. Il est si maigre, c'est douloureux. C'est déjà décidé que je lui laisserais 100 roupies et le kilo de riz que j'ai dans sac. Ça tombe bien, j'avais acheté du riz pour distribuer dans les boites metalliques que portent les sadhus.

On arrive à la destination et je donne le billet de 100 roupies. Le vieux fouille dans ses robes et me tend quatre billets de 10 roupies. Je les refuse et il les force dans ma main. Je proteste, je veux lui les rendre mais il ne veut rien savoir. Je lui montre le riz que je veux laisser sur le siège, mais il ne le veut pas non plus. Il veut juste ses 60 roupies et partir. C'est du jamais vu, il a refusé un pourboire, même le riz. C'est extrêmement culpabilisant et au même temps c'est – encore – un leçon pour moi. Je reste stupéfaite et je n'oublierais jamais cet homme même si je n'ai pas de photo de lui – il n'en voulais pas bien sûre.

 

 

 

Viva Varanasi

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Quelques images de vie, de bonheur, de spontanéité. On dirait que la méfiance n'existe pas ici, mais ça serait trop naïve de ma part. Par contre, le Savoir Être Heureux À Chaque Instant, si. Ashish Kumar le chauffeur de rickshaw le plus sympathique, intelligent, drôle, cultivé, honnête qui puisse exister nous a dit que les français ne savent pas être heureux.

Ce n'est pas moi qui l'ai dit c'est lui. Maintenant il n'y a qu'à…

Des copains qui voulaient être pris en photo avec leurs vélos

 

 

Moment magique...un étranger s'y incruste dans la séance photo pendant 2 secondes

Jeune fille rentrent dans le temple bouddhiste de Sarnath à quelques kilomètres de Varanasi

 

Un jeune bouddhiste dans un temple à Varanasi

Un enfant et son chien nous observe d'un balcon

Tout le monde est captivé!

 

Ashish Kumar, le meilleur auto-rickshaw de Varanasi. Une mine d'information et rigolade à un prix honnête!

 

Vibrante Varanasi

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Depuis l'année dernière je rêvais de revenir ici à Varanasi (anciennement connu sous le nom de Benares et encore avant Kashi). C'est à Varanasi que la vie est la plus vibrante et pourtant c'est une ville où la mort est continuellement présente puisque c'est ici que les vieux choisissent de venir pour mourir, dans la ville sainte de Shiva, sur les bords de la Mère Ganga. C’est ici qu’on peut espérer de couper court à l’enfer du cycle de réincarnation et libérer son âme et atteindre le Moksha, l’équivalence hindou de Nirvana. Les crémations continuent jour et nuit sur les "Burning Ghats", et à tout moment on peut aller assister aux rituels car rien n'est caché en Inde.

L'année dernière, lors de ma première visite, le mousson n'était pas encore arrivé et je pouvais me balader le long des Ghats (des très longues et larges marches qui relient la ville avec la fleuve) et on pouvait louer un bateau à rames pour assister – emerveillée – aux ablutions, crémations, baignades, rituels hindous…

Cette année c'est rien à voir. Les Ghats n’y sont plus puisqu’ils sont entièrement noyés sous la Ganga, les bateaux sont interdites de sortie car le courant est très puissant et dangereux . Les seuls bateaux qu’on puisse apercevoir sont les bateaux remplis de bois pour les crémations. Du coup on passe beaucoup plus de temps à flâner de l'autre côté de Varanasi…dans les labyrinthes des minuscules ruelles, bordés d'echoppes de bouffe et petites "boutiques" proposant des soies, pashminas, sarouels, saris, bijoux, henné, feuilles de bétel avec le paan, "beedies", bonbons…. Les woks bouillanant de preparations savoureuses côtoient les urinals ouverts pour les hommes. Les narines doivent s'habituer en un rien de temps à des odeurs très forts et inhabituels. La vue aussi. À première vue dans une ruelle on pourrait croire que tout Varanasi y vomissent leurs tripes, mais ce n'est pas de tout ça. C’est des offrandes aux vaches – qui tiennent une immense place littéralement et figurativement en Inde et plus particulièrement à Varanasi – quand on regarde de plus près on reconnaît les restes de dals, sauces, masalas, chapattis, chaï, bouteilles et sacs en plastique et Shiva sait quoi encore.

On adore ou on déteste Varanasi. Je n'ai pas besoin de vous dire de quel côté je me range, et je voulais partager mon enthousiasme avec Louis. La saleté, la pauvreté, les lépreux, les arnaques, oui, tout cela est très présent, mais il faut passer au delà de ces premières impressions, il y a aussi autre chose. Une spiritualité très profonde, les chants constants et envoutants des écoles védiques, les pujas (prières) des brahmanes, le son des sitars et tablas….et l'immense générosité des gens. Comment ne pas être envoûté? Comment ne pas revenir?

Malheureusement Louis n'a pas pu ni voir les Ghats ni se promener dessus, donc c'est vrai que quelque chose était manquant, mais il a appris à slalomer entre les bouses de vaches – et c'est rassurant de voir que parfois, comme nous, les vaches souffrent aussi du Delhi-belly – à discuter avec les vendeurs, s'assoir sur un petit tabouret et accepter un chai d'un passant…

Scène très typique

Normalement on devait rester 3 jours ici et ensuite aller à Khajaraho comme presque tout le monde. J'ai annulé nos trains pour Khajaraho et on a décidé de se poser une semaine sur place dans ce paradis/enfer. On a bien fait. J'ai vécu des moments que je n'oublierai jamais, on a rencontré des personnes exceptionnels. On a marché dans les ruelles en long et en large tous les jours, et quand on est parti avec nos sacs sur le dos, les habitant nous ont salués des grands Namaste avec leurs cœurs. On a fait deux heures de yoga chaque matin avec un prof formidable, on est allée aux burning ghats, mais surtout, surtout on a rencontrer des belles personnes.

Varanasi je t'aime. Je vous raconterais dans le prochain post des petits moments de bonheur. Namaste, Om Shanti.

 

J'aime les vélos, n'aimes les ruelles

 

Fabriquant le curd le yaourt

 

 

 

 

The One and Only Taj Mahal

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Rendez vous avec Kumar à 8 heures du matin pour quitter Pushkar. On avait 7 ou 8 heures de route à faire et on avait envie d'arriver bien avant la tombée du soleil et sans se faire rattraper par la pluie. La route elle même était sans intérêt et je me suis totalement habituée à la conduite indienne et aux miracles qui se produisent chaque seconde. Quand je vois un camion qui nous vise, je me dis que lui et Kumar vont se débrouiller avec leur code mystérieux pour éviter le pire. Et ça marche. Personne s'énerve. C'est formidable.

Notre guesthouse est très sommaire mais bien situé juste à côté du Taj. En tous cas des murs car pour voir le Taj en tout sa splendeur il faut aller à l'intérieur des murs qui l'entourent, et on on a prevu de visiter demain. Il faisait tellement beau et le soleil n'allait pas tarder à tomber, ça aura été dommage de rater un tel occasion donc on court le long du mur pour arriver au fleuve Yamuna. On aperçoit un tout petit bout du monument blanc mais je ne suis pas satisfaite. On est là, il ne pleut pas, il fait même très beau, on a de la chance donc il faut le saisir. Je demande autour de moi si je peux trouver un "roof top", un guesthouse avec un resto ouvert sur le toit – ce qui est très courant en Inde.

On a de la chance, on nous indique 2, mais ils sont au South Gate et nous sommes presque à l'opposé! On mets la patate pour arriver, on grimpe les escaliers….et le voilà devant nous. Le ciel est rose, la lumière est belle, le Taj est tout simplement sublime. On n'est pas venu pour rien.

Le lendemain – encore du bol, il ne pleut pas – debout à 6h, presque trop tard, sans passer par le petit dejeuner on va directement au Taj Mahaal, et on rentre avec tous les autres lève-tots. Il y a du monde, mais ça serait tellement pire quelques heures plus tard. On s'émerveille devant immensité et la beauté de ce mausolée en marbre blanc. On fait un tour, je prend le Taj en photos sous toutes les coutures mais finalement ce sont les premières de hier soir qui sont les plus belles je trouve.

Au retour vers le guesthouse, je commence à me presser. Pas parce que j'ai faim mais parce que j'ai des gargoiilles dans le ventre. J'arrive à temps et – mauvaise nouvelle – Delhi-belly. Ça fait partie du package quand on vient en Inde. Pas grave, j'ai un stock de gélules et comprimés qui n'attendaient qu'à être utilisés. On fait notre check-out au guesthouse et on met les sacs au dos dans le coffre de Kumar.

Suite de programme: le Fort Rouge. C'est grand, il fait chaud, je me sens moyen mais on fait le tour quand même. C'est quand même moins beau que le Taj et tous les palais et forts que nous avons vus dans le Rajesthan. Je coupe court à la visite et on trouve un resto climatisé, j'ai besoin de frais! Pas d'epices, pas de sauces, je mange super light et j'avale une deuxième poignée de gélules.

Le Taj vu du Fort Rouge

Dejeuner fini, notre train pour Varanasi est à 20h20, ce qui nous laisse beaucoup de temps. Je n'ai qu'une envie: de m'allonger au frais. On retourne au guesthouse et je marchande pour avoir une petite chambre – avec salle de bain surtout – pour l'apres-midi. Ils sont super-cools et je récupère une chambre pour m'allonger pour la modique somme de 2€. Je dors, je me vide, j'avale des quantités impressionnants de bidules blancs, jaunes et noirs et je me sens d'attaque pour le train. J'ai une très grande fascination et affection pour les trains et les gares indiens. J'ai hâte en plus d'arriver à Varanasi.

 

 

Chronique de l’ado (part two)

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BON, il s'est passé pas mal de choses entre Udaipur et Varanasi (attention, ma mère a une ville de retard donc pas de panique, c'est de sa faute). Et j'ai aussi remarqué pas mal de truc insolites. Au fait, ne vous fiez pas au cynisme et au manque d'ouverture dont je peux faire preuve, j'adore l'Inde et sa culture qui sont tout bonnement fascinants. En tous cas, trois choses m'ont réellement frappé cette semaine (je ne compte pas ma mère).

Les animaux. Je vous rassure, ils ne sont pas physiquement différents de ceux en France, ils ont tous 2 yeux, quatre pattes, tout va bien. C'est l'importance qu'on leur accorde qui s'avère être surprenante. Oui oui, je pense bien aux vaches. Si je devais résumer leur vie en un ou deux mots : pépère, tranquille. Vu qu'elle sont considérées comme des divinités par la religion hindou, aucun mal ne leur est fait, et interdiction de les mettre en enclos. Donc il y a des vaches qui se baladent sur l'autoroute (comme si la conduite en Inde n'était pas déjà dangereuse). Des vaches qui bloquent des rues entières, des vaches dans les marchés, des vaches partout. Elles ont un peu le rôle de camion poubelles aussi. Les rues sont couvertes de déchets, et les vaches mangent, et pas du tout bio. À plusieurs coins de rues je suis tombé nez à nez avec une vache, ruminant paisiblement un paquet de chips vide. Et le plus fascinant c'est qu'elles y survivent tran-quille. Donc franchement, se réincarner en vache en Inde c'est le bon plan.

Problème de junk food chez les vaches

En parlant de religion, ça m'y fait penser. Ce voyage en Inde m'a forcé à catégoriser les religions que je connaissais jusqu'à là. Il y a les religions "posées" ou "calmes" d'un côté : le bouddhisme, le jaïnisme, le protestantisme… Et puis de l'autre il y a l'hindouisme. Quand la religion chrétienne s'est mêlée à la musique, ça a donné des chants grégoriens (relativement barbants) puis du gospel (super cool). Ici en Inde, l'hindouisme s'est mélangé à la techno. Donc lors des festivals religieux, on assiste à la naissance d'odes à Shiva version Ibiza. Du grand n'importe quoi. Avec les pèlerinages, c'est encore plus drôle. Des camionnettes roulant à 5-6-km/h bourrées d'enceintes, sont suivies par des adeptes, créant des raves religieuses. Mais bon, je préfère le bouddhisme ou ses variantes à l'hindouisme pour sa non violence et son humilité, donc je vais m'arrêter là.

Un dernier point. Pour venir à Varanasi/Benares, nous avons du prendre le train de nuit. Ça aussi, c'était marrant. Tout d'abord, les annonces de la gare. On a tous entendu ce jingle de la SNCF sur les quais de gares, suivi de la voix électronique et saccadée de la femme qui nous dit que notre train entre en gare. En Inde aussi ils ont un jingle. Ce jingle, c'est le glorieux "tadaaaa" qu'on entend après le roulement de tambour accompagnant la cascade du trapéziste du cirque. Au début, ça m'a fait sourire : "pourquoi pas après tout !". Mais ensuite, c'est devenu ridicule. Parce que l'annonce de notre train c'était "Tadaaaaa, le train en direction de Varanasi à 1h30 de retard". J'ai trouvé ça moins glorieux d'un coup. Une fois dans le train, on rencontre des gens sympas, des gens qui ronflent, des gens bruyants, des gens polis et gênés, de tout. Un point commun avec tous les trains de nuits aussi. On y monte avec des cernes, ont y descend avec encore plus de cernes.

La grande forme

Donc pour l'instant, l'Inde c'est toujours chouette.

 

Pieds Nus à Pushkar

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Si on avait encore une petite doute, là on en a plus de tout. C'est la mousson en Inde et comme pour notre arrivée à Jaipur nous sommes débarqués à Pushkar sous une flotte monumentale et les trombes d'eau ont continué à t(r)omber jusqu'à notre départ, 36 heures après.

Il n'y a aussi pas de doute qu'une ville n'a pas la même charme et attirance quand – même en faisant super attention aux grosses flaques de boue et bouses de vaches – on a les pieds et les jambes aussi propre qu'un hippopotame après sa bain. C'est même très moyen niveau fun.

Pushkar est une toute petite ville – pour l'Inde – toute mignonne qui entoure un petit lac dans lequel que les fervents hindous viennent faire leurs bains. Au premier vue j'ai cru voir une Benares/Varanasi en miniature car il y a des similitudes avec cette ville sainte magique. Elles ont les "ghats" en commun – ces larges marches qui descendent jusqu'à l'eau, on entend partout les chants hypnotisants destinés à Shiva, et les performances des "pujas" – les prières – des brahmanes. L'architecture des édifices autour les ghats rappel aussi Varanasi avec les gopals des temples visibles tout autour. Par contre ici, il n'y a pas la ferveur et mysticisme des ablutions ni les crémations et le touriste doit garder ses distances et observer les baigneurs de loin. Les photos sont totalement interdits des personnes qui se baignent – ce que je comprends parfaitement, mais j'avoue que ça reste assez frustrant, et du coup l'appareil photo reste bien rangé au fond du sac pour éviter d'offusquer. Ici il faut se déchausser si on veut se promener sur les ghats et comme il y a autant de pigeons qu'à Trafalgar Square à Londres je vous laisse imaginer le plaisir d'y marcher pieds nus. Beurk, Beurk et encore Beurk.

Pushkar est aussi l'endroit où on peut trouver le seul et unique temple dédié au Lord Brahma. Ceci est parce que sa première femme était si jalouse de la deuxième que, pour avoir sa revanche elle a proclamé qu'il n'y aura qu'ici qu'on pourrait célébrer Brahma. Le temple mérite une petite visite et j'ai pris un "guide" pour que Louis soit un peu plus éclairé sur les coutumes et pratiques dans les temples avec les offrandes de fleurs et boules de sucres aux différents dieux. Les temples hindous inspirent toujours beaucoup de joie, gaieté et generosite et reflètent justement parfaitement bien peuple si joyeux et haut en couleurs.

Si vous étiez un hippie qui se respect dans les années 60/70, Pushkar aurait été sur la liste des lieux de votre pèlerinage – à côté de Londres, Rishikesh et Katmandou. Ça se ressent encore aujourd'hui dans l'artisanat et ce n'est pas difficile de trouver des groupes des vieux babas noyés dans la fumée de ganja, qui vous invitent à s'assoir avec eux. Avec un peu de regret de la part de Louis (mais non mais non) on a quand même renoncé préférant de continuer notre tour dans la boue pour que sa mère puisse photographier les singes qui ont envahis la ville.

C'est la fête de Shiva en ce moment à travers l'Inde et on croise sur les routes des groupes d’hommes de tout âge vêtus en orange – the holy colour – de la tête au pieds chacun portant sur épaule un long bâton avec des petits récipients – orange- de chaque côté qui contiennent des offrandes pour le dieu. La fête de Shiva est aussi la fête des hauts parleurs quand tu veux dormir la nuit. Peut être dans ma jeunesse – pas si lointain que ça me semble t-il mais ça dépend des jours – je pouvais m'endormir n'importe où, n'importe quand et à travers n'importe quoi. Louis a encore cette merveilleuse capacité, moi je l'ai perdue en Inde l'année dernière, ce qui rend chaque nuit abréviée d'un grand nombre d'heures car trouver des endroits vraiment loin du brouhaha incessant des rickshaws, des klaxonnes musicales, des cris des vendeurs est aussi difficile que de trouver un sourire dans le métro à Paris. Shiva et ses dévoués ont fait la fête les deux nuits juste en face de notre chambre. C'était super cool. Le lendemain matin à l’aube on était contents de retrouver Kumar pour qu’il nous emmène à Agra pour voir et visiter le Taj Mahal – what else?

 

 

 

Udaipur et ooutch-mon-coccyx

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Ben, oui il pleuvait

Udaipur est une des villes indiennes les plus préférées des français! Il paraît que sur 100 touristes, 80 sont indiens et parmi les 20 restants 10 sont français. Ne me demandez pas pourquoi, c'est comme ça. C'est sur que Udaipur est une jolie petite ville, reposante sur deux côtés du lac Pichola. Surplombant le lac il y a….vous avez 5 secondes pour deviner….un magnifique palais qu'il fallait bien sur visiter.

Pour la visite on a mal choisi notre jour. C'était un jour de week-end, et c'était donc bondé des touristes indiens qui sortent par milliers pour visiter leur héritage national. Des familles entières, des hommes, des femmes, des vieux, des jeunes, c'est franchement épatant de voir à combien ils sont avides de connaître et fière de leur héritage national. Il y a de quoi être fière, c'est tellement riche en histoire et tous les palais que nous avons visités sont quasi parfaitement intactes.

On a donc visité le palais un peu à la queue-leu-leu ce qui enlève une partie du plaisir, mais faut pas se plaindre c'était très plaisant tout de même. Comme l'année dernière on répond aux demandes d'être prise en photo par et avec les indiens. Ça me déculpabilise de leur prendre autant en photo, même si je demande systématiquement la permission.

Nous avons mangés le midi dans un resto indien loin des touristes, un petit Resto qui ne sert que des Thali – à volonté – pour la modique somme de 110 roupies – attention – 1€43 très exactement. J'adore ces restos, on partage la table avec d'autres, un monsieur passe de temps en temps avec une louche et 4 casseroles tenues par une seule anse. Et comme à la cantine, il sert chacun avec sa louche.

Louis a eu un cours de Sitar…il paraît que ce n'est pas évident de tout, et pendant ce temps je suis allée me faire masser par un masseur exceptionnel. Ce n'était pas un passage ayurvedique, mais un mélange de Shiatsu, massage thaï, acupression et je ne sais plus quoi. C'est une famille de masseurs et la technique passe depuis quelques générations de père en fils. J'ai eu le père, qui m'a toute de suite dit tout ce qu'il n'allait pas chez moi. Et il avait raison. Il a touché mon dos et à décelé chaque vertèbre qui n'allait pas – sur les 28 il restait peut être 3 en pleine forme. Par une technique que je n'avais jamais expérimenté il a essayé de faire craquer le coccyx et le sacrum. Il a réussi à faire le sacrum mais le coccyx ne voulait rien savoir. Il était bloqué car il a était cassé à plusieurs reprises par des chutes et est de travers. "Ah", dit le monsieur, "il faut arranger ça. Tant que ce n'est pas en place, tout ira mal. Vous me donner la permission? Dans votre pays il ne font pas ça, il veulent opérer."

Qu'est que vous auriez dit vous?

J'ai dit oui. Je suis une aventurière n'est ce pas? Raju a donc mis mon coccyx en place. J'ai senti le "clic", c'était aussi simple que ça. Ça coûtait un peu plus cher en roupies que le massage initial et je ne sais pas si ça va changer ma vie mais c'est vrai que depuis, je me sens plus "légère". Cet homme possède une énergie incroyable et je pense que je ferais un passage par Udaipur rien que pour son massage.

 

 

Pure Ranakpur

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On avait renoncé à passer une nuit à Ranakpur, préférant de rester une nuit de plus à Jodhpur et de toute façon on savait que c'était sur la route pour aller à notre prochaine destination, Udaipur.

Le temple "Adinath" Jaïn de Rankpur vaut vraiment le déplacement. C'est le plus grand temple Jaïn de l'Inde, et comme les jaïns sont censés tout faire à pied – donc ne pas prendre l'avion – c'est aussi le plus grand temple jaïn du monde. Le temple qui date du 15ème est lui même d'un beauté rare, très pur tout en marbre blanc avec très exactement 1444 piliers dont un qui penche. Cette imperfection était fait exprès tout simplement parce que seul Dieu est parfait.

Nous avons eu la chance d'être abordé par un prêtre jaïn qui fait partie de la famille qui entretien et vit à côté du temple depuis des générations. Il s'est proposé comme guide (donation libre à la fin) et il nous a fait un tour du temple avec des explications très clair et avec un grand douceur.

Qu'est ce que le religion jaïn? En très gros, c'est un peu – même beaucoup – comme le bouddhisme. Le bouddha lui-même n'est pas représenté, mais plutots des prophètes qui lui ressemblent beaucoup sauf que leurs statues ont leurs yeux ouverts. Les Jains croient dans la karma, la réincarnation, ils sont végétarien ou plutôt végétalien – ils ne mange pas d'oeufs, et ils mangent pas de légumes qui pousse sous la terre (oignons, ail, pomme de terre…) parce qu'il ne faut surtout pas tuer et en arrachant les légumes de la terre il y a des petites bébêtes qui perdent leur vie. Je trouve ça très mignon. Donc du coup, ils marchent pieds nus partout et ne prennent pas de transport. C'est hard quand même. En tout cas, on était content d'avoir ce petit pause paisible dans un endroit si pur. Louis était mesmérisé par le discours du prêtre et depuis se retient de tuer les moustiques…

La route entre Ranakpur et Udaipur était très beau. On tournicotait dans les collines à travers des petits villages tout mignon. Kumar ne voulait pas arrêter (pour les photos) autant que j'aurais aimé car il disait qu'il y avait beaucoup de bandits par là. Apres des moultes effleurements avec d'autres vehicules sur la route, je me suis maintenant fait à la conduite indienne. À Udaipur en rickshaw on s'est fait tamponné, mais comme je me trouve toute seule à cligner les yeux très fort et à serrer les dents, j'ai décidé de lâcher prise la dessus et "to go with the flow".

Quelques images de notre route…

Ce sont les femmes qui travaillent dans les champs et qui font des boulots pénibles...

 

 

Je vous présente Kumar. Juste pour l'info, non Louis ne mesure pas 2m

 

Père en Moto avec ses Enfants

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Je me demande combien de motos il y a par habitant en Inde. Elles font partie de la génétique maintenant et elles ont le chic d'être là – la plupart de temps garées – où il ne faut pas être et peuvent gâcher une magnifique photo potentielle.

Et parfois – non garées – elles sont elles-mêmes les raisons de superbes images….avec des cargaisons souvent invraisemblables et parfois miraculeux ou des familles entières dessus, la femme assise en amazone avec un bébé dans les bras, un ou deux enfants coincés entre elle et son mari, encore un enfant entre le père et le guidon. Hier, sous la flotte, on a croisé un couple avec un chien devant…la femme, assise derrière, tenait aussi bien qu'elle pouvait une parapluie verte pour essayer de protéger son mari – ou le chien – de la pluie.

Voici un père de famille sur son moto à l'arrêt avec ses trois enfants. On patientait tous sur la route entre Ranakpur et Udaipur à un passage ferroviaire. Le train prenait son temps d'arriver, assez de temps de faire connaissance avec ce jeune papa et ses beaux enfants. Jolis moments…

 

 

 

Je ne pouvais pas résister. Absolument pas réussie, mais elle me plaît