Fort Fatiguée à Fort Cochin

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Selon le Routard, le façon le plus sympa de se rendre de la gare de Ernakalum à Fort Cochin est en prenant le ferry. Genre celui de Kolkotta mais bien plus petit. Ok, on va faire ça alors. Je regarde le plan, ça n’a pas l’air très loin de la gare, ça ne doit pas être bien compliqué.

Les auto-rickshaw me sautent dessus quand ils me voient arriver… »rickshaw-rickshaw-you-want-rickshaw? » mais je les evite en les slalomant autour en annonçant fièrement que non je ne veux pas de rickshaw. Youpi, moi j’y vais à pied.

Qu’est ce que je peux être bête des fois, et cette fois c’était une de ces fois. Je tourne un peu en rond, personne ne semble pouvoir me dire où prendre le ferry, par contre on m’indique l’endroit pour prendre le bus. Ok, c’est parti pour le bus alors. Je montes à bord et le contrôleur n’était pas très sympa et j’ai des doutes qu’il va me savoir me dire quand je dois descendre. Je surveille la route et quand j’aperçois qu’une maison sur deux est un guesthouse ou « homestay » – comment on les appel ici – je décide que je suis dans le bon quartier et je descends du bus. Le Routard n’était pas très enthousiaste sur les adresses à dormir à Fort Cochin, mais j’ai cochée une. J’essaye aussi bien que mal à m’orienter dans la rue. Les rickshaw tournent autour de moi comme des vautours. Je suis une proie évidente…femme seule, blanche, chargée comme une âne, Guide du Routard dans une main et l’air plus-qu’à-moitié-achevée. Je termines par céder à un, et à peine monté dedans il veut me vendre le guesthouse de « sa sœur ». Il me saoule et j’insiste qu’il me dépose à Das Residence en face de l’école St Thérèse selon le guide. Le rickshaw me dit que c’est loin, à 1km, on decide un prix…et c’est plutôt 300m. Ca m’énerve de me faire rouler dans la farine encore une fois, mais bon j’y suis et cest déjà ça de gagné. Je suis fatiguée après ma nuit blanche dans le Sleeper et je suis contente de pouvoir poser mes affaires en espérant que l’endroit est accueillant.

Das Residency n’a rien qui me plaît sauf que c’est propre. Une chambre avec des fenetres aveugles, carrelage au sol, pas de serviette, pas de drap de dessus. Je sens que je suis la seule résidente et je n’aime pas ça mais je suis trop exténuée de chercher ailleurs donc je me débarrasse de mes affaires et je me douche. Le propriétaire commence à vouloir me vendre des excursions pour voir les plantations de thé, une spectacle de Kathakali danse le soir…ok pour le spectacle et je dis non pour le thé car c’est trop loin. Il n’est pas content, et est un peu grognon, mais moi aussi, je commence même à me sentir sur les nerfs. Je n’ai toujours pas digérée mes changements de parcours…d’abord à Mumbai quand je voulais partir vers Jaipur et puis à Goa pour aller à Hampi et Mysore. Fatigue + déception/colère + virus intestinale + chaleur (37°) + faim+ soif + mes ragnagnagnas…ça vous donne une idée de l’énergie que je devais dégager.

Je sors dehors pour faire un tour et je découvre deux centre villes…un complètement indien, le brouhaha habituel…et un autre qui ressemble à un petit village anglais avec des petites maisons roses et vert pâle et une architecture typiquement british ou hollandais. Il y a des guesthouse mimi comme tout et normalement j’aurai fait demi-tour pour déménager, mais je voulais m’assoir et boire quelque chose de glacé. Le Routard est plus enthousiaste sur les restos et salons de thé et grâce à lui, je trouve Tea Pot…un salon de thé super joli qui sert aussi à manger.

Je continue ma petite tour de la ville et je regarde les pêcheurs essayer de recuperer des poissons avec leurs énormes « Chinese fishing nets ». On m’appelle pour que je m’approche pour prendre des photos mais ils demandent « une donation ». Je laisse tomber, tant pis, j’en ai marre d’être regardé comme une porte-monnaie. Deux hommes essayent (très poliment) de m’arrêter dans la rue…sûrement avec une finalité pour me vendre quelque chose. Je leur jette un regard noir en leur prévenant que je suis de très mauvaise humeur. Ils s’écartent comme si j’avais annoncé que j’avais la lèpre.

Le soir j’assiste à la charmante spectacle de Kathakali, la danse typique de coin. Il fallait même arriver une heure et demie avant le début du spectacle pour assister à la séance de maquillage des personnages. Chacun se maquille lui-même sauf pour des applications particulièrement compliquée. Les couleurs du maquillage sont complètement naturels et sont obtenus en mélangeant de l’huile de noix de coco avec des pierres spécifiques (une rouge, une jaune, une noir). On nous a ensuite expliqué la complexité des gestes et mimiques de ce danse très expressif…par les yeux, les sourcils, les joues, la bouche et les mains. Il faut 6 ans pour former un danseur de Kathakali…il doit apprendre la musique (les instruments), le chant, et tous les gestes pour faire ce danse. Les gestes de main s’appellent les « mudras » comme les gestes de main en yoga. Les costumes sont également très belles et je suis sous la charme.

Le spectacle de danse était suivi par un spectacle de musique indien du nord…avec le sitar. J’avais envie de rester, mais il était 20h, j’avais faim…et je n’avais pas encore fait dodo. Je décide de venir pour le cours de yoga et méditation qui a lieu demain à 9h15 et si c’est vraiment bien, peut être je resterai quelques jours ici.

Le lendemain matin je m’apprete à sortir pour mon cours et mon propriétaire me demande si je reste encore une nuit. Non, je lui dit, je pars aujourd’hui à midi juste après mon cours de yoga. Check-out est à 11h il m’annonce. Je ne pourrais pas aller à mon cours alors? Non, il n’a rien a taper. Je suis furieuse, sa guesthouse est vide, qu’est ce que ça peut lui faire une heure de plus? C’est décidé je quitte cette ville mais d’abord je dois déjeuner. Je trouve un endroit dans un petit jardin avec un hôte charmant qui m’explique comment trouver le bus qui va m’emmener au station de bus pour Alleppey ma prochaine destination.

Mes affaires sur le dos, je prends un premier bus qui me dépose à l’arrêt pour Allepey qui est à 1h30 d’ici en bus. Une heure trente en bus, c’est du pipi de chat. Le bus arrive, je monte à bord…c’est bondé, et cette fois je suis debout. Sauf que j’ai un sac sur le dos et un autre sur le ventre. Je ne vais jamais tenir 1h30 comme ça. Le chauffeur de bus conduit comme un maniaque…les deux pieds sur l’accélérateur, main scotchée sur le Klaxon et quand il était obligé de freiner il ne le faisait pas à moitié. Tout doucement je commence à éplucher le « petit » sac de mon ventre et j’arrive à le caser dans une espace près du toit. Le sac à dos est tout autre chose car on est serré comme des sardines et il n’y a pas de place. Je le pose au dessus d’une valise d’un vieux monsieur qui est assis mais il n’est pas content parce qu’il dit que mon sac écrase sa valise. N’importe quoi. Je ne me sens pas bien, trop de chaleur, trop de gens, je me sens « claustro »…je suis vraiment trop crevée, je puise dans mes réserves depuis quelques jours et je le sais…vivement Alleppey…

 

 

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  1. Pauvre choupinette. Nous imaginons tout à fait ton état. J’espère que tu vas trouver un havre de paix et de gentillesse pour te poser un peu. we send you all our good vibes. Baisers.
    Anne

    • Ca y est…j’ai pos mon sac pour la dernire fois (je crois). Je suis revenu mon point de dpart et je me suis croule dans les bras d’une mdecin ayurvedique! On me donne des bizarreries prendre et des massages avec la championne Jaya et a a l’air de bien marcher. J’ai la bougeotte de nouveau mais je vais essayer de rester tranquille. Les Maldives ne sont qu’ une heure d’ici….tentant! Ma petite le n’a plus de place, j’ai dj demand! Quand les indiens prennent leur grandes vacances a se sent partout ici! Par contre le mousson arrive sur la ct et c’est tristounet avec des orages et du sable noir. Bon, va falloir faire avec et trouver des choses faire dans le coin pour la semaine qui vient parce que a va tre longue…c’est tout ou rien comme on dit! Je t’embrasse trs fort Anne et j’ai hte de te revoir, gros bisous

      Le lundi 23 avril 2012,

  2. Moi ,j ‘en connais une qui va adorer rentrer en France, se faire dorloter, bichonner, pamperiser, chouchouter…Et bien remettre ses merveilleux souvenirs en place de façon à mieux préparer son prochain voyage. Bisous Helen, namaste…

    • Eh bien oui! Je me suis mise en arrt maladie depuis avant hier…je n’en pouvais plus et j’ai pris le train directement pour mon point d’arrive/dpart et j’etzis prise en charge par une mdecin ayurvedique et ma super masseuse Jaya. Depuis aujourd’hui je me sens bien…sauf que je m’ennuie terriblement et j’ai envie de bouger mais je me l’interdis. On me donne des potions aux herbes a prendre et il faut croire que a me fait du bien. En tout cas, c’est agrable de revoir les mmes visages d’un jour l’autre et de ne plus planifier des trains etc. Je suis super due parce qu’il y avait tellement de choses que je voulais faire et voir mais je n’ai pas su m’couter et m’arrter quand j’aurais d plus tt (probablement mumbai). Je suis donc Kovalam, le mousson dmarre, il fait un temps orageux, les boutiques se ferment pour la fin de saison…c’est triste comme ambiance. Il va falloir que je me trouve des petites sorties d’un jour pour faire passer le temps. Je voulais aller Varkala, the spiritual beach…je vais voir s’il n’est pas possible de faire un aller retour en taxi dans une journe… J’ai ador ce voyage, il me reste deux ou 3 blogs faire…l j’ai le temps de les boucler et les mettre en ligne. Merci Brigitte pour ton soutien infaillible pendant ces 2 mois, c’tait toujours un plaisir d’avoir tes nouvelles et de te savoir prsente. Je t’embrasse fort

      Le lundi 23 avril 2012,

  3. Ne sois pas déçue, savoure ces derniers moments de calme avant la tempête et le retour , tu as fait un merveilleux voyage, tu nous as fait vivre des moments incroyables, nous nous sommes regalé,abreuvé, bouleversé, effaré, et attendri de tes récits et de tes magnifiques photos. Pendant ces deux mois, tu as été mon feuilleton quasi quotidien bien mieux que ttes les télés du monde. A tel point que je rêve d’un tel voyage, mais sais que je n’aurais pas ton courage. Bravo à toi, je te salue bien bas. …( A defaut d’y aller, je vais demander à mes élèves indiens de m’initier à leur langue, à leurs langues devrais-je dire) De grosses bises à toi…..Namaste!

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