Doshas en Détresse

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Le soleil se couchait quand mon train de Alleppey arrive en gare à Trivandrum, et le ciel était en feu. Ça me rappelait les couchers de soleil incroyables devant lesquels je m’étais émerveillée à Kovalam il y a deux mois, presque jour pour jour. Deux mois c’est tout? J’ai l’impression qu’on pourrait le multiplier par trois. Pourtant j’ai vu très vu peu, quasiment rien de ce pays extraordinaire car j’étais à l’école à Chennai pendant deux et mes dix jours passés dans le centre de Vipassana étaient effectivement dix jours de perdus de point de vue touristique …mais ce que j’ai vue, ce que j’ai vecue, ce que j’ai appris me donnent qu’une envie: revenir. À la fin du voyage, quand ce chapitre est vraiment terminé je ferais un petit blog de clôture…un clog (!).

Je vous épargne (je soupçonne entendre quelques « ouf » de soulagement) les détails du taxi, mais en gros je me suis « internée » au Linchu Resort (d’autres « ouf » mais pas pour les mêmes raisons?)…où j’ai retrouvée une médecin ayurvedique Dr Nishu et surtout Jaya, ma merveilleuse masseuse. Dr Nishu m’a dit qu’elle voyait que j’étais épuisée (le tout Kerala était au courant d’ailleurs) et ça c’est parce que mes doshas étalent déséquilibrés…trop de Vata et Pitta. Ben oui, c’était à cause de mes mes doshas tout ça, toute cette frenesie de mouvement, toute cette fatigue et émotivité. Pour les innocents des doshas je vais essayer de porter un peu de lumière (en me rappellant de mes cours d’ayurveda à l’école de Chennai, j’espère que je ne dis pas trop de bêtises) mais sans rentrer dans les détails parce que c’est un sujet passionnant mais relativement vaste et complex et qui mérite d’être bien exploré…une autre fois je vous promets. Un blog qui se nome « une question d’equilibre » le doit au peuple de faire un blog sur les doshas, n’est ce pas? Voilà donc l’essentiel, juste assez pour vous ouvrir l’appétit:

Dans la médecine ayurvedique, on considère que nous arrivons dans ce monde avec un mélange, variable d’une personne à une autre, de trois constitutions qu’on appel des doshas : Vata (l’énergie du vent), Pitta (feu), Kapha (eau et terre) et l’équilibre/déséquilibre de ces trois doshas « gère » le corps (le fonctionnement des organes jusqu’a les cheveux et la peau) et le mentale (les émotions…). Nous sommes donc tous né avec des nuances plus ou moins fort des trois doshas, c’est notre « prakriti »…notre nature de naissance, avec une domination d’une et parfois deux de ces constitutions. On dit même que notre prakriti dépend de l’état mental et emotionel de nos parents au moment de notre conception. Un médecin ayurvedique n’a qu’à nous regarder et observer et elle sait notre dominant mais pour connaitre les pourcentages et l’état des doshas à l’instant, notre Vikriti, il faut prendre les trois pouls…qui sont situés à l’interieur du poignet mais pas au même endroit que le pouls cardiovasculaire…juste sur le bord interne du poignet. On ne peut pas changer sa constitution de base mais on peut tenter de l’equilibrer un peu plus par – et dans cet ordre – 1) un nettoyage complet interne…Panchakarma…qui dure 3 à 4 semaines avec des herbes et bizarreries qui nettoie les toxines de l’organisme 2) une régime alimentaire spécifique pour équilibrer les doshas car les aliments sont plus ou moins Vata, Pitta ou Kapha, 3) notre style de vie…yoga, méditation etc 4) des massages et des traitements. Notez que les massages et traitements ne viennent qu’en dernière position et que la deuxième est notre alimentation car les aliments sont aussi categorisés comme Vata, Pitta ou Kapha. Nous sommes ce que nous mangeons. Capito?

Et voilà les raisons de mes tensions nerveuses et émotionnelles. Trop de Vata et de Pitta. Je suis commandée par la sainte Dr Nishu de me reposer et avoir des « traitements » (massages) avec Jaya tous les jours et puis elle va me préparer des trucs aux herbes à boire matin et soir. Faut que j’arrête les histoires de bananes, riz et coco cola et manger normalement avec des légumes et des fruits, jelly-Delhi-belly ou pas. Comme quoi.

Donc je fais et ça marche. Il faut dire que ça fait du bien à se poser et ne plus avoir à planifier les bus, les trains, les étapes. Ça fait du bien à dormir dans le même lit trois soirs de suite. Ca fait du bien à dormir tout court! Ça fait aussi du bien à revoir les mêmes têtes qu’il y a deux mois…on se souvient de moi, c’est sympa. Et puis, les massages avec Jaya me font un bien inouïe bien sûre. Une heure de massage complet (on démarre moi assise sur le tabouret et elle me fait la petite prière, puis massage vigoureux de la tête etc etc), puis une heure de Sirodhara (petit rappel: ça c’est l’huile tiede qui est coulée de droite à gauche et de gauche à droite sur le front et qui fait des petits ruisseaux dans la cuir chevelu, le nirvana) est justement fait exprès pour se détendre. Ça marche 200%.

Après mes massages, je me repose comme une petite vielle, je marche tout doucement sur la plage et dans les environs et je me remets à manger normalement. Le soir avant de me coucher, et le matin au réveil, j’avale un potion au goût bizarre (mais pas désagréable) que Dr Nishu a concocté pour moi, et je mange des plats ayurvediques qui calment Vata et Pitta. Un des restos sur le front de mer de cette ville balnéaire s’appel The German Bakery…hein bien heureusement qu’il est là. Ils font des plats ayurvediques qui sont délicieux et c’est ma cantine pour cette semaine. En plus, comme le resto est en hauteur, on échappe les vendeurs de pareos et de nappes avec des éléphants brodés. Une petite vieille je vous dis.

Le mousson arrive, les vents apportent du sable noir, c’est une des signes paraît-il. Pas de bol (pour moi), c’est en avance cette année. Les surfeurs sont ravis et les louers de chaises longues se sont transformés en loueurs de bodyboard et surfboard. Le vent se lève, il fait moche et il se met à pleuvoir genre « Singing in the Rain » mais sans Gêne Kelly. C’est la fin de saison sur la côte, les boutiques se ferment, les plages et restaurants sont vides, il y a quelques touristes indiens et moi. Vous voyez un peu l’ambiance. Je veux bien regarder les pêcheurs sortir leur bateaux le matin pour déposer leurs filets et également être spectatrice du long travail de remontage des filets sur la plage mais au bout de deux ou trois fois c’est bon, c’est vu. C’est horriblement triste et je commence à tourner en rond. Au bout de trois jours et quatre nuits dans les mêmes draps la petite vielle se sent toute requinquée et a la bougeotte. Toujours trop de Vata, on dirait. Elle s’en fout. Il lui reste encore 5 jours avant de rentrer en France, y a bien quelque chose à faire/voir non? Un temple à visiter?

Il fallait s’y attendre…je boucle mon sac et je sors ma Routard…direction Madurai…

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