Chronique de l’ado (part one)

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Bon, suite à la demande générale et à celle de ma mère, je vais me mettre à rédiger quelques posts. Je suis avec elle en Inde, et remarque des choses qu'elle ne verra pas et vice versa, donc je ne vais pas vous raconter ce qu'elle a déjà expliqué quelques lignes plus haut. Ce serait plus sur les réactions que j'ai ou que ma mère et moi avons face à la culture Indienne.

Tout d'abord, la quantité de gens dans ce pays. Du grand n'importe quoi. À Delhi, ça reste compréhensible, mais dans les campagnes ils sont tellement nombreux qu'on dirait qu'ils sortent de terre comme des végétaux. Mais bon, aucun soucis, les Indiens sont absolument adorables, même si la plupart veulent l'argent des touristes. Cette surpopulation crée des trucs assez marrants à voir (heureusement), qu'on voit surtout en voiture : ici le convoiturage fait un véritable carton, c'est sur qu'à 17 dans une voiture le voyage revient à moins cher. Je ne rigole pas, j'ai vu des gens par quinzaines dans des jeeps sur l'autoroute. Ils mettent 10 minutes à tous descendre, je suis sur que certains seraient capables de se cacher dans le châssis pour laisser plus de places.

Un ado vraiment heureux

Un ado franchement heureux

En parlant de route : ILS CONDUISENT COMME DES MALADES. Déjà, ils roulent à gauche, ce qui est troublant. En plus ils doublent sur la gauche. Les marquages sur la route (lignes continues, pointillées…) sont là pour faire joli du coup, comme les feux rouges. Si il y a trop de voitures qui bloquent le chemin, on passe par le trottoir (quand il y en a un) et sinon on passe par la voie opposée, autrement dit en contresens. En ville, ça va, les gens ne roulent pas très très vite, donc pas de soucis. En autoroute/route de campagne, c'est autre chose. Les poids lourds pullulent, et ne roulent qu'à 60 alors alors que les voitures peuvent rouler à 80. Du coup, on passe son temps à doubler des camions, n'importe comment. Le plus amusant c'est de doubler un camion alors qu'il y en a un autre sur en contresens à 60-50-40 mètres de là. Donc honnêtement, en termes de sensations fortes, il y a mieux que Disneyland.

Enfin, la façon de manger. On utilise seulement la main droite. En tant que quasi ambidextre gaucher, je pensais m'en sortir, mais allez manger du riz imbibé de curry avec une seule main. Déjà avec deux main, c'est assez marrant, mais avec une main c'est un challenge. Mais bon, on prend très vite – littéralement – le coup de main et on peut reprendre le peu de poids perdu pendant l'apprentissage (attention : humour). Manger était déjà technique pour moi, mais boire devient une catastrophe. Pour boire comme eux, il ne faut pas toucher le goulot de la bouteille ou le bord du verre avec les lèvres, mais le garder au dessus de la bouche et verser l'eau dedans. Comme si on versait de l'eau dans un vase mais ne vous méprenez pas, avec un vase c'est plus simple. Généralement les tentatives se solvent par l'eau qui ruissellent le long du cou, et un t-shirt trempé. Donc on sort du repas dégoulinant, la main droite pleine de curry, la langue parfois en feu, et l'estomac partiellement rempli. (bien sur j'exagère, ils nous proposent des couverts les 3/4 du temps et ne nous fusillent pas si on boit en touchant le verre des lèvres).

Donc pour l'instant, l'Inde c'est chouette.

 

 

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Jodhpur Blues

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Mais non, on a pas les blues de tout.

Imaginez une ville avec les maisons peintes en bleue de bas en haut, même le toit. Bienvenue à Jodhpur, the Blue City, où règne non seulement une forteresse-palais imposante (et tout aussi splendide ceux de Jaipur et Amber) mais aussi une énergie joyeuse et revigorante. Je parle juste de la vielle ville car on a juste fait les touristes de base cette fois-ci, et il y avait largement assez de choses à voir, faire et goûter dans le temps qu'on avait.

Le bleu de Jodhpur est magnifique et Louis et moi sommes tombés sous la charme de cette ville où on devait passer juste une nuit avant de reprendre la route pour Ranakpur. Il y a des moments dans un voyage quand il faut savoir changer d'avis, renoncer à une visite ailleurs – pour cette fois – et rester sur place pour mieux connaître, pour savourer l'ambiance et se donner le temps de marcher à 2 à l'heure, s'arrêter pour discuter un prix, prendre des photos, suivre les petites ruelles sans savoir où elles vont nous amener. C'est ce que nous avons faits. Kumar nous attendait dans la voiture, nous étions sur le point de rendre la clef de la chambre – et là, j'ai pris la décision de sauter les plans et itinéraire de Kumar. Quand j'ai annoncé qu'il avait un « day off » et que je ne voulais pas le voir avant le lendemain matin, je pense qu'il s'était dit que les clients qui changent d'avis sont fianelement plutôt cools.

Visite monumentale du forteresse-palais monumentale. C'est juste dingue ici, on pense qu'on a vu le nec le plus ultra en forteresse/palais – et hop voici un autre encore plus ouf. Tout est intact et les détails sont extraordinaires. Par exemple, les décorations des petites fenêtres en mosaïque qui font que les femmes peuvent observer sans être vus de l'extérieur sont toutes différentes mais l'ensemble est symétrique. Bref, il faut venir pour le voir soi-même. On croise au palais des familles musulmanes – le Rajasthan est l'état le plus musulman de l'Inde – dont les femmes sont voilées – au moins les voiles sont superbement colorées…

Ensuite on s'est perdus volontairement dans les petites ruelles du bazar de la vieille ville- mon appareil photo retrouve sa raison d'exister – à discuter avec les vendeurs, jouer avec les enfants, à goûter une 38 roupies (52 centimes d'euro) omelette succulente au Omelette Shop ( qui est mondialement connu juste après le Taj Mahal). Juste pour info il (j'ai oublié son prénom) utilise jusqu'à 1000 oeufs par JOUR pendant la saison touristique, et comme il est Jaïn il ne mange pas d'oeufs lui même. C'était top.

Je vous laisse avec quelques belles images de notre journée, le choix était difficile! Merci aux gens merveilleux de Jodhpur, j'espère revenir un jour….

 

 

 

 

Les Joyaux de Jaipur, Amazing Amber

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Kumar, notre chauffeur à Rajasthan a un prénom qui dure 5 secondes, mais nous on l'appelle Kumar pour simplifier la vie. Je ne suis pas de tout convaincue que ma décision de prendre une voiture avec chauffeur était la bonne. Je pensais – naivement – qu'on allait pouvoir s'arrêter un peu à droite et à gauche pour visiter des trucs, des villages, prendre des photos, mais haha ça aurait été trop facile. Rajasthan est juste bondé de poids lourds et le passe-temps de Kumar, est de nous faire peur à faire des failli-presque-accidents. J'avais déjà des cheveux blancs, maintenant je n'ai que ça. Allez passons sinon je vais faire peur à toute ma famille et ce n'est pas le but. Ce qui est dommage c'est que je loupe plein de possibilités de faire plein de très belles photos des femmes qui travaillent dans les champs. Elles forment des silhouettes très élégantes avec leurs spectaculaires saris en rouge sang, jaune d'or, orange jus de fruit Tropicana , rose fuchsia. Je demande une ou deux fois à Kumar d'arrêter la voiture mais du coup on se fait repassé par les 20 poids lourds pour lesquels j'ai « gagné » autant de cheveux blancs toute à l'heure.

C'était sous des trombes d'eaux que nous sommes arrivés à Jaipur – la ville rose. Les immeubles sont vraiment rose/orange et la vielle ville est magnifique. Les immeubles ont été peints en rose spécialement pour la visite du Prince de Galles en 1876. Plutôt sympa je trouve. Je peux même pas imaginer le boulot et le temps que ça a pris. J'espère que le prince était reconnaissant.

Malheureusement notre visite à Jaipur était essentiellement « mouillée » donc la lumière n'était pas très belle pour les photos et je ne pense pas qu'on assez profité. Nous sommes restés 2 nuits chez l'habitant (un « Homestay » qui s'appelle « All Seasons ») avec une famille très accueillante et bienveillante.

Le palais est absolument incroyable de beauté. On se croit vraiment dans une conte sortie tout droit Mille et Une Nuits. La vieille ville tout en rose est sublime été grouille de monde. Il y a beaucoup de choses à faire et à voir et pendant notre flash visite on aura le temps de visiter le City Palace (extraordinaire), la Jantar Mantar une observatoire astronomique et le mur du Hawa Mahal – le Palais des Vents (construit en 1799) qui permettait aux femmes du harem du Maharaja Singh de voir et observer la rue sans être vues elles-même. Juste en bas à gauche il y a le Hawa Mahal et juste en dessous – non, ce n'est pas un parc pour les Skateboard, mais c'est un des instruments étonnants pour mesurer les étoiles et l'heure qui se trouve à la Jantar Mantar. Les chats aiment y jouer au « chat et l'oiseau » (héhéhé).

Pas un Skateboard parc mais une observatoire

On est allé déjeuner au fameux restaurant vegetarian du LMB Hôtel, une institution à Jaipur depuis 1954. Le calme et l’ambiance coloniale de l’endroit est surprenant mais bienvenue après le bruit et la bousculade de la rue. On y mange très bien pour pas cher en plus.

Quelques kilomètres au nord de la ville rose se trouve la ville Amber avec une forteresse (1592) non seulement immense mais absolument superbe. Franchement les forteresses ne sont pas mon truc mais les forteresses de Rajasthan (il y a celle de Jodhpur qui est aussi incroyable) sont comme des palais. En fait, Amber était la capitale avant Jaipur et puis un jour les Jai Singh ont décidé de s'agrandir et de déménager à Jaipur. On est monté jusqu'à forteresse à dos d'éléphant mais c'était une mauvaise idée de ma part. Il s'est mis à pleuvoir et on nous a donné des grosses bâches (genre sac bleu Ikea) à tenir au dessus pour nous couvrir. Donc non seulement on ne voyait rien mais si on ne faisait pas attention à l'angle de la bâche, l'eau qui s'y accumulait se vidait sur les jambes. Mais bon, c'était histoire de monter sur un éléphant en Inde.

Franchement je serais resté facilement quelques jours de plus dans cette belle ville mais nous avons une itinéraire et je sens que Kumar veut le tenir. Moi qui n'aime pas les voyages figées et qui aime changer d'avis si ça m'enchante…

Le lendemain, départ pour Jodhpur, the blue city. Je n'avais pas très envie d'y aller, je voulais faire un changement dans le programme et aller à Bundi, mais Kumar me dit que la route n'est pas bonne. Il a bien fait de me dissuader car en arrivant à Jodhpur Louis et moi tombons instantanément amoureuse de la ville…à suivre!

 

 

 

Dirty (but-oh-my-god-so-wonderful-to-be-back) Delhi

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Et nous voila arrivés à 23h hier soir à Indira Gandhi Airport. Avec douze heures de retard certes (je vous épargne les détails) et très fatigués, mais heureux d'être enfin « là ».

Malgré la fatigue, les yeux de Louis étaient tout écarquillés par la folle circulation, les presque-accidents qui se passent sous notre nez. Petit hôtel trouvé en plein milieu du quartier Pahar Ganj, le quartier des bazars.

 

On a dormi jusqu'à 12h heure locale tellement on était fatigués. Je voulais aller à la gare pour réserver nos billets de train pour plus tard mais étant dimanche la billetterie pour les touristes était fermé. Ensuite ATM pour retirer des roupies, puis chez un vendeur de carte SIM pour avoir un numéro local. Même routine que l'année dernière : photos d'identité – fallait que je bouge ma frange pour dégager le front comme d'habitude – , photocopies passport et visa, plein de signatures sur plein de lignes. Et ce n'est pas fini encore. La ligne sera normalement en route ce soir et il faut que j'appelle un numéro pour dire mon nom et adresse. Là et uniquement là il marchera. Peut être. Ensuite direction chercher quelque chose à manger. On s'est arrêté dans un tout petit boui-boui avec des grosses marmites remplies de sauces bouillenantes et pas mal du monde à table à « l'intérieur ». On s'installe, choisit un « veg curry kofta » avec du riz et chapatti. Première fois pour Louis à s'exercer à manger avec la main droite. Comme moi, il est gaucher, et il faut un peu temps pour s'habituer à manger à l'indienne. Puis lavage des mains dans levier qui est au milieu du resto et c'est parti pour faire un tour.

 

Ça grouille de partout dans tous les sens possibles et imaginables et même non-imaginables. Les rickshaw à velo, les auto-rickshaw, les scooters, les taxis. je ne vais vous même pas mentionner les klaxonnes tellement ils font parti du paysage. Les incessants « where are you from, » commencent, je souris, je sais que je suis en Inde et ils ne veulent pas de mal, mais sont juste curieux. Je choisis un auto-rickshaw – ou c'est plutôt lui qui m'a choisi, ils sont très habiles – et on visite une magnifique temple Sree Lakshmi Narain Temple. Très beau et reposant.

 

Ensuite visite du India Gate et la résidence du première ministre. Ici on sent très fortement la colonisation des anglais, des grandes avenues majestueuses, des arbres partout et des immenses espaces vertes que j'aimerais bien trouver à Paris. Les indiens s'y promènent en couple ou viennent pique-niquer en famille.

 

Retour au bazar, on balade dans les petites ruelles mais vers 17h on prend refuge dans notre chambre d'hôtel pour s'échapper au brouhaha sympa mais épuisant – surtout pour une première jour. Je ne veux pas faire peur à Louis, je sais que c'est « beaucoup » et nous avons 3 semaines devant nous. Tous les sens sont en éveil permanent et c'est vrai que c'est fatiguant.

 

Demain direction Jaipur. J'ai pris un chauffeur pour faire notre bref tour de Rajasthan. Après, il va nous laisser à Agra et on fera le reste en train et bus.

 

India India India…j’y retourne

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….un an et quelques poussières de mois après mon séjour en Inde, j'y retourne. Cette fois-ci accompagné de Louis mon fils de 18 ans. Incroyable mais vrai. Juste 3 petites semaines, mais je sais qu'on va voir et vivre des choses et expériences extraordinaires. On va partir dans le nord, on fera un petit tour de Rajasthan d'abord – un petit tour car Rajasthan est un grand région et il aura fallu plus de temps que nous avons. Nous irons ensuite à Agra pour s'émerveiller à l'aube devant le Taj Mahal et puis….et puis….je retourne à cet endroit bouleversant….Benares, aussi connu sous le nom de Varanasi. Depuis que j'y suis revenue il n'y a pas une journée que je ne pense pas à Benares. Ensuite changement d'ambiance, on ira visiter une superbe site archéologique Khajaraho, connu pour ses sculptures érotiques. En effet après les crémations et ablutions dans le Ganges à Benares ça nous ramènera parmi les vivants.

Vouili voulou. Nos backpacks sont prêts pour notre départ demain, avec la trousse de secours rempli de l'indispensable Imodium et Smecta…'j'espère cette fois échapper le redoutable Delhi-belly.

Il y aura des pelles et des pelles de photos car c'est quand même le pays le plus photogénique du monde je crois. En avant goût, je vous laisse avec une de l'année dernière. D'ailleurs peut être je retrouverai ce sadhu cette année. À suivre….

 

 

Une Équilibre Fragile…

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Joli hein? Barbara Bui.

Deux heures. Et ça c’est en comptant une heure et demi assise.

Hein ben voilà, ça ne s’annonce pas brillant mon affaire de « dancing the night away » sur des talons de 12 cm comme si j’ai fait ça toute la vie. Parce que c’est ca qu’il va falloir faire le weekend prochain au mariage de mon fils Thomas. J’ai fait une petite répétition ce week-end au mariage de ma nièce et j’ai échangée les escarpins pour des boots cloutés juste après la mairie. Un échec minable. La voiture du SAMU me suivait de près et il a fallu que je me concentre très fort pour garder mon équilibre et ne pas terminer aux urgences.

Sinon quoi? Je plane moins mais un peu quand même, je regarde les prix des aller-retour Paris-Delhi pour cet été et je rêve de lâcher le bord une fois de plus pour retrouver un déséquilibre qui équilibre…

 

 

Des Tongs aux Talons Aiguilles

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Et voilà une première semaine qui s’est envolée depuis mon retour à Paris . Il est temps de faire un bilan n’est ce pas?

  • Méga plaisir de retrouver mon chéri, mes enfants, les copines, les copains. Évidemment.
  • Grand plaisir de me mettre sous une douche chaude et surtout sous une qui fait bien son boulot.
  • C’est cool de mettre le linge sale dans la machine à laver et laisser Miele faire le reste plutôt que de le frotter dans un seau rouge.

Mais ensuite? Trois jours après mon retour je dépense une somme d’argent vertigineuse au soldes de presse (merci copine Kat) de Barbara Bui pour des tenues pour le mariage de mon fils. Mes pieds ont la vertige aussi. Habitués au confort et la liberté des tongs pendant plus de deux mois ils sont confrontés à des talons de 12cm….euuuuh…je marche comment là? J’ai deux semaines pour m’entraîner…elle va être contente la voisine de dessous.

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Et à part ça?

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On part à l’autre bout du monde, on vit autrement, avec moins de confort ce qui nous enrichit, tous nos sens sont bombardés de nouveautés, le notion de voyage commence à prendre un sens…et tout d’un coup, on se retrouve dans la neutralité d’un aéroport et ensuite d’un avion, à tourner les pages brillantes du magazine Etihad qui nous propose une cinquantaine de films, des parfums et des palettes de maquillage des grandes marques, des bijoux Swarovski et je ne sais plus quoi d’autre…c’est violent quand même. L’avion, ce no-mans-land est le sas entre là-bas et ici. Atterrissage physique à Roissy Charles de Gaulle, un de mes tongs me lâche encore une fois dans le couloir. Je bricole une réparation, pieds nus en Inde ça passe, mais ici c’est moyen.

J’ai beau me dire que deux mois et une semaine n’est pas long, c’est assez pour que mes sens se modifient. La lumière me semble si dure et plate ici, et les couleurs…mes yeux ne voient que des variations de gris. Où sont passés les rouges/jaunes/oranges/turquoises/verts…et j’en passe? J’ai beau savourer de nouveau le vin et le fromage, mon foie me dit « ouf, ça va pas non? »

Les jours passent et je me rends compte que je n’ai pas encore atterrie…

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Le Clog Indien

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Namaste 🙂

Le clog indien…on dirait une affliction mortelle ou presque comme le fog londonien ou le smog parisien…mais non, c’est beaucoup plus frivole que ça, ce n’est que la clôture du blog de ce voyage. Jusqu’au prochain qui a déjà pris naissance dans ma tête…

C’est la première fois que ça m’arrive mais je ne sais pas comment démarrer ce blog. Je sais ce que je veux dire mais je ne sais pas par quoi commencer…ni comment. En gros je voudrais raconter les choses qui m’ont marquées ici en Inde, des choses dont je n’y attendais pas, et les choses dont j’attendais…et qui n’y etaient pas! Ça s’appel des surprises. Du coup ça risque de faire un peu « liste ».

On dirait que je ne suis jamais sortie de l’Europe, il n’y a rien de plus faux, c’est juste voyager ailleurs et « autrement », de façon plus « slow », du backpacking, avec (souvent beaucoup) moins de confort et plus d’imprévus qui est relativement nouveau pour moi, ça ne date que de ces derniers années. Malgré les difficultés, les incertitudes, la fatigue et la manque de confort, voyager comme ça, simplement, me plaît énormément. C’est un choix de vacances…pourtant je suis loin d’être fauchée (pour l’instant) et je suis assez dépensière quand ça me prend, mais ces parenthèses « roots » me font du bien, me font évoluer. Je me rends compte que vu de l’extérieur ça peut sembler assez maso pour certains, mais ce ne l’est pas, c’est changer de mode et de style vie de celle que j’ai chez moi qui m’attire, voir le monde autrement peut être pour mieux apprécier – ou déprécier – mon petit monde et ma propre mode de vie. Les trains et les bus locaux ne sont pas forcement d’un grand confort (les trois premières clesses en train sont parfaitement acceptables) mais ils ont une charme indéniable qu’on ne trouve pas dans une voiture avec clim’, mais c’est également vrai que la voiture a l’avantage de pouvoir s’arrêter où on veut, de faire des détours dans des villages, pour voir des choses qu’on ne verrait jamais avec le train ou le bus. En ce qui concerne l’avion, le moins possible…le notion de « voyage » est perdu, et c’est de nouveau dans le  » va vite ».

C’est aussi le premier long voyage – un peu plus de deux mois – que j’ai fait seule, non-accompagnée et ça aussi était une très belle expérience avec des hauts et des bas, des avantages comme des inconvénients. Parfois je m’observais très heureuse, vraiment très heureuse de vivre ces moments seules, mais il y a eu aussi des instants que j’aurais préférée partager avec mon homme, ma fille, un de mes fils, une copine…mais la manque, tout comme l’ennui et la solitude est souvent une bonne chose, à condition que ça ne dure pas trop longtemps.

Une de mes plus grandes chances dans la vie est de la partager depuis plus de 20 ans avec un homme qui n’a pas peur…et comme il n’a pas peur, il ne se perd pas dans les traditions sociales embetisantes. Il me « laisse » partir parce qu’il sait que c’est bon pour moi. C’est une grande preuve d’intelligence et de l’amour (et de générosité bien sure) et je ne peux admirer et espérer que je saurais faire pareil avec autant de sincérité. Mes enfants aussi m’encouragent à être moi-même et je les remercie de n’avoir jamais porté de jugement sur les choix que j’ai fait dans ma vie…et pourtant ça ne devait pas toujours été facile pour eux.

Ces voyages sont aussi, peut-être surtout, des voyages « intérieurs » qui, petit a petit, modifient ma structure, mes croyances et mes pensées. Les enseignements de Jiddu Krishnamurti – un des plus grands philosophes et penseurs non-conventionels et de l’inde (donc du monde) – et S.N Goenka (voir le blog sur Vipassana) sont universelles et absents de tout discours religieux et sont mes grands inspirations. Les écrits de leurs enseignements m’accompagnent lors de mes voyages lointains et intérieurs et m’apprenent à réfléchir autrement et à quitter la route pour découvrir des chemins plus en harmonie avec la nature et l’homme.

Allez, ça suffit! Parlons de mes surprises indiennes, grandes et petites, bonnes et mauvaises. Il y en a beaucoup et il y en a surement des magnifiques que je vais oublier et je vais m’en vouloir d’ici deux jours…! Voici celles qui me viennent à l’esprit toute de suite. Dans le désordre…

  • Des cafards. Ben, good news…il n’y en a pas!!! J’ai vu UN SEUL CAFARD EN NEUF SEMAINES et c’était dans un bateau. C’est assez connue dans mon entourage proche, je ne gère pas bien les cafards et dans les pays tropicaux je redoute leur apparition le soir quand tout le monde est couché et en pleine nuit quand on doit se lever pour aller faire pipi. Je n’ai pas vu des rats non plus. Pas de cafards, pas de rats, et pourtant je n’ai pas toujours été dans les quartiers les plus salubres, ça on sait. PS: je rajoute une petite post-scriptum car le seul cafard d’Inde est venue me saluer, me dire au revoir dans ma salle de bain à 1h ce matin…le timing m’a fait sourire…

  • L’Inde n’est pas si sale que ça, en tout cas c’est beaucoup moins sale que j’avais imaginé, mais ça c’est peut être parce que mes critères de « sale » ont été déformées par dix ans en Afrique de l’ouest et treize ans à Paris. Certes, Varanasi est cra-cra mais ça cest à cause du trop grand nombre de vaches. Les chambres de guesthouse et hotels que j’ai pu visité ont toujours été propres, parfois les draps et serviette de bain sont un peu gris mais je n’ai jamais refusé une chambre à cause de la manque de propreté.

  • La securité. Avant de venir ici, une question récurrente qu’on me demandait c’était de savoir si je n’avais pas peur. Peur…encore ce poison abstrait qui nous empêche de vivre, qui nous paralyse, qui nous rend bête…et qui font que certains perdent leur raison et intelligence lors des élections présidentiels. Non, je n’avais pas vraiment peur avant de venir, parfois des angoisses, mais pas peur. Et j’avais raison car je me suis toujours sentie en totale sécurité partout où j’allais quelque soit l’heure du jour (je ne suis jamais été dehors tard le soir). Je n’ai jamais eu le sentiment qu’on souhaitait me dérober de quoi que ça soit non plus. Les gens sont curieux du iPad si je l’utilise en public, parfois viennent le voir et posent des questions, je les invite à l’essayer, le « swiper », ils sont ravis (moi aussi).

  • Les indiens sont naturellement et incroyablement curieux, vraiment. Ils veulent TOUS savoir de quel pays on vient. Ça peut être lassant si on n’est pas en forme ou on n’a tout simplement pas envie de de parler ce jour là, mais c’est toujours fait avec un bon esprit. N’ayant pas une réponse simple à cette question pourtant simple, je disais « partout dans le monde » ou « beaucoup d’endroits dans le monde ». Je voyais bien que cette réponse ne rentrait pas toujours dans la case prévue et ils avait l’air perplexe, et parfois ils poussaient plus loin leur curiosité et souvent ça se terminait par des discussions très intéressantes. Les indiens aiment discuter, ils sont toujours prêts à discuter -même ceux qui ne parlent pas anglais! – et ça nous permet d’apprendre plein de choses.

  • Le regard envoûtant. Il faut s’y attendre à être regardé, mais vraiment « Regardé » avec un grand R. Le mot en anglais c’est « stare » et chez nous ca ne se fait pas mais chez eux si! C’est comme ça. Pourtant je n’ai jamais sentie que c’était des regards malsains mais plutôt juste de la curiosité. On peut comparer cela a notre (en tout cas le mien) regard envers eux, curieux, bienveillant.

  • Les photos. Ils aiment les photos…ils aiment être pris en photos (les jeunes hommes en demandent souvent) et être pris en photo à côté de nous et ils aiment en prendre. Comme nous, mais differement. Partout et dans tous les circonstances…ça m’est arrivé même en méditant sur la plage…j’ai sentie une présence à côté de moi et quand j’ai ouvert mes yeux il y avait une femme debout à côté de moi qui se faisait photographié par son mari!

  • Chez les indiens le sourire n’est jamais très loin (ça va me changer demain à Roissy) avec une bonne humeur particulièrement prononcée dans le Kerala.

  • La Tolérance! Comme dans d’autres pays asiatiques que j’ai pu visitée, les indiens ne crient pas, les voix ne se lèvent pas. Ils ne s’insultent pas sur les routes…et pourtant il y a de quoi…ils se parlent toujours avec respect. Il ne faut pas oublier qu’ils sont très nombreux, avec des regions, états, langues et religions variés, ça saute aux yeux qu’il il y a une surpopulation, la pauvreté touche la plupart de la population…mais ils font preuve d’une immense tolérance dont nous pouvons que tirer des leçons. Je pense que c’est la chose qui m’impressionne le plus. Quand, comment et pourquoi avons nous perdus ça…si on l’a eu?

  • Les indiens sont très généreux de cœur. J’ai pu témoigner de cela lors des repas…ce n’est pas dans leurs habitudes de manger hors de la maison ou restaurant, mais quand ils ne peuvent pas faire autrement ils proposent systématiquement de partager leur repas avec vous.

  • Les gens aiment rendre service et sont toujours prêts à vous aider (mon dieu ô mon dieu, comme le retour en France va être costaud…)

  • Les enfants ne pleurent pas, en tous cas on ne leur donnent pas la possibilité. Je n’exagère rien, Ici vous n’entendrez pas un enfant pleurer.

  • L’élégance indien. Les dhoti (des sarongs pliés en deux) et les chemises d’hommes sont toujours propres et bien repassés, et les femmes sont toujours très élégantes , souvent magnifiques dans leurs saris même celles qui viennent des populations parmi les plus pauvres. Les femmes sont toujours très bien coiffées, avec les cheveux souvent décorés avec une tresse de fleurs, surtout pour aller au temple.

  • La proportion homme/femme est flagrant, en faveur des hommes…et inquiétant

  • Les toilettes publics sont certes « à l’indienne » mais sont quasiment toujours propres (loin d’être le cas « chez nous ») même si les odeurs laissent désirer. J’attendais pire puissance 10.

  • Les indiens ont le business dans la peau. Il faut s’y attendre de se faire raquetter partout surtout quand on ne connaît pas les prix au début. Et même quand on connaît les prix, à défaut d’être un(e) connoisseur, c’est très difficile à savoir la qualité (soie, cachemire, pashmina etc) de ce qu’on propose. On dit souvent « never trust an indian »…en affaires, ce n’est pas faux! Donc oui, on se fait avoir en beauté…mais il faut relativiser, car se faire avoir en roupies n’est jamais douloureux. Évidemment il faut être prêt à jouer au jeu et discuter les prix…surtout avec les rickshaw (tuk-tuk) et taxis qui profitent à fond et ne sont pas tendres…

  • Il y a une différence flagrant entre les états et surtout entre le nord et le sud. C’est comme si on change de pays…le sud est plus doux, plus vert, plus joyeux, plus propre. Le nord (ce que je connais pour l’instant ce qui est peu) me semble plus dure, plus pauvre, plus spirituel, plus envoûtant.

  • En Inde il faut attendre à remplir des papiers partout où on va…pour une nuit dans un guesthouse à une réservation pour un train. Ça aide si on mémorise les détails du passeport et visa. Si on veut une carte SIM en Inde c’est les papiers multipliées par trois plus des 2 photos d’identité. Le pire c’est que ce n’est même pas sûre que la carte marche longtemps. Après trois carte SIM bloquées j’ai terminée par abandonner (et pourtant c’est pratique pour les hôtels).

J’ai eu des moments de grands frustration, surtout à cause de la bureaucratie mais je vis des moments de frustration aussi grands en France.

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Voilà! Je suis de retour en France depuis 24h…très heureux de retrouver ma famille et bientôt mes amis. Ma tête est remplie de très beaux souvenirs…mais, comment ne pas avoir envie de repartir? J’ai l’impression d’avoir levé un coin d’un premier page…

En attendant, j’ai découvert le plaisir de blogger, en tous cas ça me plaît beaucoup donc je vais continuer à blogger sur d’autres thèmes!

Je vous remercie encore pour vos nombreux messages, tellement sympas et encourageants, j’étais très touchée par cette générosité de prendre le temps de m’écrire. Merci…et à bientôt!

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Sur la Route de Madurai

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Je décide d’être sage, de me faire plaisir et prendre une voiture avec chauffeur – aussi connu sous le nom de taxi – pour aller à Madurai qui est dans l’état de Tamil Nadu. Ça suffit les trains et les bus maintenant, il faut prendre soin de soi et de ses doshas. Et puis ça va rassurer la mifa et lezami en France. The ol’ hippie’s travelling in style. Back to the high life! Cinq à six heures de route apparemment, donc je prévois de passer au moins une nuit à Madurai et descendre le lendemain à Rameswaram une petite bout de terre pointue qui touche (presque) le Sri Lanka qui est, selon el Routardo, un mini Varanasi.

À vrai dire, je ne sais pas ce qui est plus fatiguant…le train, le bus ou le taxi. Sur papier la voiture semble une super idée, et j’ai bien entendue vos soupirs de soulagement (« aaah enfin elle ne se prend plus pour une fauchée de 20 ans »!) mais nerveusement c’est le pire de tous les transports car on échappe (ou pas) à un accident fatal tous les dix minutes, il faut avoir le cœur bien accroché et/ou croire dans la réincarnation, ou être déjà morte. Si ça c’est « traveling in style », je sais de quel côté je penche…

J’ai bien épluchée les pages du guide pour trouver un hôtel sympa et confortable à Madurai…mais il n’y en a pas! Il y en a un mais à l’extérieur de la ville donc laisse tomber. Je regarde dans la catégorie « chic »….les hôtels ont des noms comme « Suprême », « Majestic », « Rajna Palace »…vous voyez le genre. Tous dans la même rue à 300m du temple Sri Meenakshi. Parce que c’est ça l’objet de mon voyage, c’est ça que je suis venue voir. Pendant ces deux mois je ne vous ai pas beaucoup saoulé avec des temples parce que c’est vrai, il y en a partout : des grands, des petits, des moches, des jolis, des vieux, des jeunes…comme les mecs. Et quand vous avez vu un…

Je visite trois hôtels et comme leurs noms indiquent, ils sont totalement dénués de charme et bourrés des meubles en velour marron. Ils sont tous plus sombres les uns que les autres, les ascenseurs ont des boutons cassés, les réceptionnistes ont leur cravates de travers, les chambres sont propres mais ont des vues sur des murs, il y a la télé dans les chambres et le journal qui est glissé sous la porte le matin (pour compenser la manque de vue?). Il est 14h quand nous sommes arrivés et je laisse mon chauffeur chercher un hôtel pour lui (n’oubliez pas ce détail s’il vous plaît) et je lui donne rendez vous pour le lendemain matin.

Je suis affamée et je décide de déjeuner au restaurant de l’hôtel qui réussi à être encore plus sombre que le reste. Je suis toute seule parmi les cinq ou six serveurs dans la salle. Je m’installe, je regarde la carte, je la ferme…on me regarde…et on me regarde. On se regarde mutuellement. Ça dure cinq minutes avant que quelqu’un vient prendre ma commande. Je sors mon bouquin pour lire mais il est vraiment trop sombre. Je demande s’il est possible d’allumer les lumières…il est. Ça ne change pas grand chose mais j’arrive à déchiffrer les mots, détail important quand on veut lire. Les serveurs se sont groupés devant un immense ventilateur à pied, et je sens qu’ils parlent de moi (je me prépare pour les questions qui ne vont pas tarder…). Peu importe, je les ignore et je reprends ma lecture tranquillement…et tout d’un coup c’est la grosse tempête dans la salle. La nappe et les pages du livre sont pris dans un tourbillon, mes cheveux s’envolent dans tous les sens, la peau de mon visage et même mes cils se sont plaqués en arrière comme si je faisais un tour dans un décapotable. Il ne manque que la pluie. Je termine par oser ouvrir les yeux pour voir ce qui se passe. Peut être ils croyaient que j’avais chaud (je n’avais pas) mais les serveurs ont pris l’initiative de placer le ventilo géant juste devant ma table, face à moi et à vitesse turbo. Je fais des signes de détresse avec mes bras…no no thank you, je préfère sans! Ils ont l’air déçus.

Le temple de Sri Meenakshi est le deuxième plus grand temple de l’Inde et comme toujours dans les grand temples c’est une ville dans la ville. Les non-hindous ne peuvent pas accéder à tous les temples, surtout dans le sud, donc quand je peux je profites pour faire un tour. Il n’ y a que la (et dans ce cas, les) sanctuaire centrale que je ne peux pas visiter. Ce temple est absolument magnifique, les indiens en sont très fiers (ils ont raison) et on me demandait souvent au cours de ces deux mois si j’avais visité le temple Meenakshi. J’ai bien fait de venir parce que j’ai eu de la chance à tomber sur un excellent guide dont c’est le métier depuis 25 ans et qui parle (et c’est loin d’être toujours le cas) un anglais correct et compréhensible. C’est quand même idiot – mais ça m’est arrivé – de recupérer un guide dont on ne comprend qu’un mot sur cinq. À Varanasi aussi j’ai eu de la chance à faire un rencontre avec un vieux qui m’a bien expliqué les rituels des crémations. Un vrai guide va aussi vous éviter de faire des « donations » à chaque personne dans le temple qui demande. Ici il faut avoir toujours pleins de « petits » billets de 5 et 10 roupies plus des pièces de 1 et 2 pour des donations dans les temples sinon vous vous faites avoir en long, en large et en travers…ce qui m’est jamais arrivé bien sûre.

Allez, trois minutes de culture : Le temple Meenakshi est un lieu de pelerinage et tout bon hindou doit le rendre visite au moins une fois dans sa vie. Meenakshi (qui veut dire « yeux de poisson »…personnellement je peux penser à d’autres noms plus jolis que ça) était un avatar de Pavrati, la femme de Shiva et Shiva et Meenakshi se sont mariés ici. Je ne veux pas vous ennuyer avec les histoires compliquées de Shiva ou des détails du temple mais quelques chiffres juste pour vous donner une idée de la taille de celui-ci : il a 11 « gopurams », (les tours avec tous les sculptures) dont certains mesurent 60m de haut! Il y a 30000 sculptures et le temple reçoit 15000 visiteurs par jour (quand même) et pendant les 10 jours du festival Thirulayakum…qui a lieu en ce moment…il attire un million de personnes! Le bassin de purification est très beau mais n’est pas en « fonctionnement » à cause des problèmes d’hygiene…

Les plafonds et colonnes ont été peints grossièrement avec des couleurs flashy à l’indienne, mais apparemment à l’origine il n’y avait que les figurines sur les « gopurams » qui étaient peintes sinon la pierre étaient brut de tout couleur, ce qui devait être beaucoup plus élégant. Ce n’est que dans les années 60 qu’il se sont mis à peindre les plafonds et colonnes de ces monuments, et c’est vrai que, a mes yeux, l’effet est un peu Disneyland, rarement réussi, souvent grotesque et toujours dommage.

Visite terminée, je pars dîner en ville et je me couche dans mon hôtel qui était encore plus sombre quand je suis arrivé dû à une panne de courant – c’est « courant » ici (désolée) – et une panne de générateur. Pour éclairer les cages d’escalier on avait mis des bougies sur les marches…imaginez…un petit coup de sari et wooosh!

Le lendemain matin après mon petit déjeuner – bien à l’écart du ventilo Hollywoodien – et mon check-out, je retrouve mon chauffeur pour aller à Rameswaram. Sur la route, juste au sud de Madurai on s’arrête à un autre temple: Tiruparankundram, magnifique aussi. Il a été construit contre une petite montagne et un peu en troglodyte. Il y avait beaucoup de monde, beaucoup de ferveur religieux. Je visite avec un faux-guide qui parle mal anglais mais je laisse faire. Je fais les marquages horizontales en blanc (qui représente les cendres…qui pour l’histoire est fait de caca de vache brûlée et parfumée) et le point rouge (qui représente le sang) sur le front, je reçois le « puja », la cérémonie par un des brahmine, j’achète des offrandes…noix de coco, bananes…et je m’en vais, prête à descendre à Rameswaram.

À peine sur la route je remarque que mon chauffeur Santosh n’est pas super-super bien. Il a la bougeotte que je sens n’est pas dû à un excès de Vata, mais à une manque du sommeil. Il nie sa fatigue et me dit que tout va bien. On continue mais je ne suis pas tranquille et je décide qu’il va falloir raccourcir la route et retourner à Kovalam, tant pis pour Rameswaram. Je continue à surveiller Santosh et comme il me disait que tout allait bien je pose ma question différemment …où est ce qu’il a passé la nuit? Dans la voiture me dit-il et il y avait beaucoup de moustiques. Je suis horrifiée. Je n’avais pas discuté son prix, j’avais bien demandé si le logement était compté dedans…et là il s’endort au volant et il nous reste encore cinq heures de route. En plus il n’a pas pris le temps de dejeuner, même pas un chaï. Je dois insister pour qu’il s’arrête pour se reposer et manger quelque chose. Quinze minutes plus tard, Santosh reprend le volant (il refuse de me le céder) et c’est parti pour cinq heures de miracles.

Je suis contente de revenir (en vie) à Kovalam, et je profite pour changer de guesthouse pour avoir une chambre sur le front de mer et avoir du Wifi…qui n’est pas évident, mais c’est fait, c’est trouvé, j’ai une chambre tout mignon au dessus de Leo’s restaurant et cybercafé. J’ai un peu l’impression d’être chez moi ici: les vieux vendeurs sur la digue de Kovalam me connaissent tous par coeur mais ça ne les empêche pas de déplier et secouer des paréos et des nappes inlassablement sur mon chemin dans l’espoir de faire une vente ou deux en me jurant que c’est pas cher; les (jeunes) vendeurs dans les boutiques m’invitent à rentrer à l’intérieur, les prix sont à la baisse ils disent et les serveurs devant leur restaurant m’invitent aussi à manger ou prendre un chai; les vieilles vendeuses d’ananas m’appellent par mon prénom; les mendiants me saluent et me demandent comment je vais, avant de reprendre leur quête. Je salue tout le monde, j’arrête pour discuter avec certains, parfois j’achète une babiole et je continue à me faire dorloter par Jaya. Cet après-midi je me fais une beauté pour être moins bab’s à Roissy CDG.

Il me reste un jour avant de rentrer en France pour retrouver mari, enfants et amies. Ça me donne juste le temps de clôturer ce voyage avec un dernier blog comme promis…un clog, un bilan de mes (premiers) deux mois au Mother India.

À bientôt…

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