Archives de Tag: Delhi-belly

The One and Only Taj Mahal

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Rendez vous avec Kumar à 8 heures du matin pour quitter Pushkar. On avait 7 ou 8 heures de route à faire et on avait envie d'arriver bien avant la tombée du soleil et sans se faire rattraper par la pluie. La route elle même était sans intérêt et je me suis totalement habituée à la conduite indienne et aux miracles qui se produisent chaque seconde. Quand je vois un camion qui nous vise, je me dis que lui et Kumar vont se débrouiller avec leur code mystérieux pour éviter le pire. Et ça marche. Personne s'énerve. C'est formidable.

Notre guesthouse est très sommaire mais bien situé juste à côté du Taj. En tous cas des murs car pour voir le Taj en tout sa splendeur il faut aller à l'intérieur des murs qui l'entourent, et on on a prevu de visiter demain. Il faisait tellement beau et le soleil n'allait pas tarder à tomber, ça aura été dommage de rater un tel occasion donc on court le long du mur pour arriver au fleuve Yamuna. On aperçoit un tout petit bout du monument blanc mais je ne suis pas satisfaite. On est là, il ne pleut pas, il fait même très beau, on a de la chance donc il faut le saisir. Je demande autour de moi si je peux trouver un « roof top », un guesthouse avec un resto ouvert sur le toit – ce qui est très courant en Inde.

On a de la chance, on nous indique 2, mais ils sont au South Gate et nous sommes presque à l'opposé! On mets la patate pour arriver, on grimpe les escaliers….et le voilà devant nous. Le ciel est rose, la lumière est belle, le Taj est tout simplement sublime. On n'est pas venu pour rien.

Le lendemain – encore du bol, il ne pleut pas – debout à 6h, presque trop tard, sans passer par le petit dejeuner on va directement au Taj Mahaal, et on rentre avec tous les autres lève-tots. Il y a du monde, mais ça serait tellement pire quelques heures plus tard. On s'émerveille devant immensité et la beauté de ce mausolée en marbre blanc. On fait un tour, je prend le Taj en photos sous toutes les coutures mais finalement ce sont les premières de hier soir qui sont les plus belles je trouve.

Au retour vers le guesthouse, je commence à me presser. Pas parce que j'ai faim mais parce que j'ai des gargoiilles dans le ventre. J'arrive à temps et – mauvaise nouvelle – Delhi-belly. Ça fait partie du package quand on vient en Inde. Pas grave, j'ai un stock de gélules et comprimés qui n'attendaient qu'à être utilisés. On fait notre check-out au guesthouse et on met les sacs au dos dans le coffre de Kumar.

Suite de programme: le Fort Rouge. C'est grand, il fait chaud, je me sens moyen mais on fait le tour quand même. C'est quand même moins beau que le Taj et tous les palais et forts que nous avons vus dans le Rajesthan. Je coupe court à la visite et on trouve un resto climatisé, j'ai besoin de frais! Pas d'epices, pas de sauces, je mange super light et j'avale une deuxième poignée de gélules.

Le Taj vu du Fort Rouge

Dejeuner fini, notre train pour Varanasi est à 20h20, ce qui nous laisse beaucoup de temps. Je n'ai qu'une envie: de m'allonger au frais. On retourne au guesthouse et je marchande pour avoir une petite chambre – avec salle de bain surtout – pour l'apres-midi. Ils sont super-cools et je récupère une chambre pour m'allonger pour la modique somme de 2€. Je dors, je me vide, j'avale des quantités impressionnants de bidules blancs, jaunes et noirs et je me sens d'attaque pour le train. J'ai une très grande fascination et affection pour les trains et les gares indiens. J'ai hâte en plus d'arriver à Varanasi.

 

 

Le Train-Train d’une (pseudo) Baroudeuse Fatiguée

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Quand le train qui devait m’emmener de Madgaon (Goa) à Cochin (Kerala) arrive en gare, ma morale…qui était déjà en berne depuis avoir été obligé de quitter le nord et mes histoires de Delhi-belly…plonge encore un coup. Comme d’habitude, le train n’était pas dans ses premiers années mais la classe « sleeper » (4ème classe sur 5) me semblait encore plus glauque que d’habitude. C’était peut être parce que cette fois-ci c’était pour moi. Pour la première fois je me demandais pourquoi je m’infligeais tout ça et pourquoi je ne prenais pas l’avion ou une voiture privée puisque financièrement c’était tout à fait dans mes moyens. Je décide de monter à bord et redescendre aussi vite si je ne la sentais pas – sans vraiment définir les raisons de rester ou de partir.

Je récapitule pour vous les classes de train en Inde : il y en à 5 en tout: 1 AC: 4 par compartiment fermé avec porte, clim’, draps, serviette. Petit déjeuner proposé. 2 AC: 4 par compartiment avec rideau, clim, draps, parfois serviette. 3 AC: 6 par compartiment avec rideau, clim’, draps. Sleeper (c’est surtout ce qu’il n’y a pas qui compte): 6 par compartment, pas de vitres, pas de clim’, pas de rideau, pas de draps, pas de porte qui sépare les toilettes de la couloir, pas de poubelle. No reservation: comme les sleeper mais bien pire encore car pas de quoi s’allonger, juste des places assises pour les plus chanceux, sinon c’est debout, assis ou couché sur le sol. Ceux qui l’ont « fait » s’en souviennent. En ce qui concerne les classes 2AC, 3AC, et Sleeper il existe aussi des places le long du couloir avec 2 couchettes, un au dessus de l’autre et la couchette du bas se transforme en 2 sièges face à face pendant la journée. La classe Sleeper n’est vraiment pas cher (je comprends pourquoi) , et pour vous donner une idée, le trajet de 17 heures entre Goa et Cochin ne coûte que 600 roupies…8€50.

Donc faute de place dans toutes les classes AC j’étais en Sleeper. Je monte à bord et on me regarde comme une bête curieuse, mais ça j’ai l’habitude maintenant et ça ne me dérange pas plus que ça. Les indiens « fixent » avec leur regard (et quel regard intense) les occidentaux car sauf dans les sites et endroits vraiment touristiques, on n’en croise pas énormément. Je découvre mes compagnons de voyage : un jeune couple, un homme de 45 ans environ, un jeune qui reste assis sur sa couchette du haut et une femme qui ne parle pas un mot d’anglais mais me fascine car elle est arrivé dans le compartiment avec ses cheveux trempés et peignés comme si elle est venait de les laver. Mais où est elle allée faire ça? Et comment? Dans le couloir en face il y a un jeune couple, frère et sœur ou jeune mariés, c’est difficile à différentier les deux car les hommes et les femmes entre eux ne montrent jamais en public des signes d’affection. Je décide d’arrêter de râler (à moi toute seule) et de rester. Après tout, je râlais en partie parce que je trouvais que le sud semblait fade après le nord. Donc voici de quoi pimenter mon voyage et c’est juste un expérience de plus, je ne vais pas en mourir et apres tout, si c’est assez bien pour ces jeunes gens c’est assez bien pour moi. Voilà.

Je dis mon « Namaste », une sourire et un petit « coup » de la tête, je pousse mon gros sac sous la banquette et je me pose en face des jeunes. Tout le monde continue à s’étaler et garde leurs pieds nus sur « ma banquette ». Ils sont à l’aise, ça ne fait de mal à personne et mes sensibilités occidentales me font sourire. Je me mets à l’aise aussi et décide de casser la glace et d’ouvrir la « conversation » avant qu’on me pose l’inévitable question de où je viens. Les jeunes ne parlent que quelques mots d’anglais mais j’apprends qu’ils sont frère et sœur de 20 et 21 ans. Ils vont descendre du train en plein nuit à 3h du matin. Ensuite ils vont attendre leur bus qui arrive à 5h pour faire encore deux heures de trajet avant d’arriver à leur destination. Ça n’a pas l’air de les effrayer, les stresser ou de les énerver, c’est normal et ils semblent heureux comme ça. Ils rigolent entre eux, ils sont mignons ces deux. C’est eux qui sont dans la photo juste au dessus.

Le monsieur de 45 ans me parle…il parle bien anglais. Ça y est…les questions habituelles : d’où je viens? Je voyage seule? J’ai de la famille? Où sont ils? Les âges de mes enfants? Leur sexe? Est ce que c’est ma première fois en Inde? Je réponds et il distribue mon CV à tout bon entendant. Comme ça c’est fait. De mon tour je lui pose aussi les mêmes questions (sauf la dernière), on se sourit, tout va bien.

Le couloir est très animé, des marchands vous proposent à des trucs à manger dans des barquettes en alu, à boire, l’inévitable thé Chaï, des bonbons, des parfums…et quelques enfants-mendiants. Faire de la manche en « Sleeper » n’est pas très futé quand même mais je crois qu’ils sont refouler à l’entrée dans les classes avec AC. Je donne un paquet de biscuits à un enfant qui rampe sur ses fesses avec la main tendue, mais ça n’a pas l’air de l’exciter plus que ça. Il l’arrache de ma main et regarde le paquet avec mépris. Les autres l’ignorent et il s’en va en rampant, la main tendue…

Le train repart et c’est l’heure de dîner et tout le monde chez moi s’installe avec leur barquette en alu avec leur riz-curry sur leur genoux et moi avec ma banane. Je dois faire pitié car tout le monde me propose de partager leur repas. Quelle générosité et sens de partage extraordinaire. Pour mettre personne dans l’embarras, je refuse poliment en expliquant que j’avais dîné avant. Grosse mensonge, mais je ne voulais pas leur faire encore plus pitié avec les raisons de ma régime imposée. Dîner terminé, on fait quoi avec les barquettes, couverts et bouteilles en plastique? On est en Sleeper, il n’y a pas de poubelles, il n’y a pas de vitres, donc n’y a qu’à tout balancer par la fenêtre du train. Mais bien sûre, j’étais bête de ne pas y penser. Tout le monde le fait sans se poser le moindre question. La touriste reste bouche bée et se dit qu’il est temps qu’ils mettent des vitres en Sleeper.

Allez dodo! La femme me fait signe qu’elle veut se coucher et comme elle est juste au dessus du moi (j’ai piochée couchette du bas) il faut qu’on abaisse sa couchette ce qui fait que je ne pourrais plus m’assoir donc suis obliger de me coucher aussi. Je me glisse dans mon petit « sac à viande » (mais pourquoi on les appel ainsi???) en soie écru de Décathlon (ça fait très chic en sleeper) et je m’allonge coté tête vers la fenêtre – je ne peux pas dire vitre parce qu’il n’y en a pas -, et je me rends compte que ça va être un miracle si je dors vu le bruit du train et surtout l’odeur du fumée qui rentre dans la gorge et les poumons. Puis je reconnais un autre odeur…l’odeur nauséabond des toilettes (que je vais être obligée de visite une fois mais je vous épargne les détails…de toute façon, je plisse les yeux pour ne pas trop voir et je fais de l’apnée le temps qu’il faut) et je suis bien écœurée. Y en a marre. Je fais une petite boule avec mon drap et je mets mon nez dedans pour filtrer le plus possible. La nuit va être longue…

Les autres descendent en plein milieu de la nuit comme prévue et ils ont même la gentillesse de me dire au revoir. D’autres les remplacent, 3 mecs bien bruyants comme s’il est 10h du matin. Mais je sais qu’ils ne sont pas une exception, tout le monde ici fait pareil. La première fois que ce m’est arrivé, , j’envoyais des grand « chuuuuuuts » mais tout le monde s’en foutait et continuait à rire, parler au téléphone, discuter entre eux. Maintenant je sais que c’est comme ça et tant pis pour moi si je n’arrive à plus s’endormir après. Le mec en face de moi n’a aucun problème pour s’endormir et se met à ronfler que seulement le bruit du croisement avec un autre train arrive à couvrir.

Quand le jour se lève, les mecs continuent à dormir – avec effet sonores – et le train s’arrête dans des petites gares. C’est l’heure pour les vendeurs de chaï à monter à bord pour nous vendre toutes sortes de petit déj. Le jeune couple dans le couloir s’active…brossage des dents, elle refait sa natte de cheveux. Je demande la permission de la prendre en photo, son frère/mari trouve cela amusant.

Les mecs se réveillent, terminus pour tout le monde. Il est 11h et on arrive (enfin) dans la gare de Ernakalum qui est celle qui dessert Fort Cochin qui est dans l’état du Kerala. Je n’ai jamais été aussi heureuse à descendre d’un train et je ne suis pas d’une première fraîcheur, maintenant il faut trouver un guesthouse pour poser mes affaires…